La majorité des freelances démarrent leur activité sans Conditions Générales de Vente. Trop administratif, trop complexe, réservé aux grandes structures : les fausses excuses ne manquent pas.
Pourtant, chaque mission sans CGV est une exposition directe : client qui refuse de payer la dernière facture, litige sur la propriété du logo livré, révisions qui s'accumulent sans jamais être facturées.
Ce guide vous explique ce que doivent contenir vos CGV, pourquoi elles sont indispensables dès la première mission, et vous propose un générateur pour les créer en moins de 5 minutes.
Pourquoi les CGV sont indispensables, même en micro-entreprise
En France, les CGV ne sont pas un document de style : elles ont une valeur juridique contraignante dès lors qu'elles sont communiquées au client avant la commande. Elles définissent les règles du jeu de la relation commerciale, notamment qui doit quoi, quand, et à quelle condition.
Sans CGV, c'est le droit commun qui s'applique, souvent moins favorable au prestataire. Voici ce que vous risquez concrètement :
Sans CGV
- Délai de paiement par défaut : 30 jours (art. L. 441-10 C. com.) et encore, si votre facture le mentionne
- Propriété intellectuelle restant chez vous sans cession claire, soit un litige potentiel
- Révisions illimitées sans facturation supplémentaire possible
- Juridiction compétente incertaine en cas de litige
Avec CGV
- Délai de paiement et pénalités définis contractuellement
- Cession de droits conditionnée au paiement intégral
- Nombre de révisions incluses verrouillé
- Tribunal compétent désigné à l'avance
Un micro-entrepreneur, auto-entrepreneur ou EURL est soumis aux mêmes règles commerciales qu'une SARL. Le statut juridique ne dispense pas de se protéger contractuellement. Pour aller plus loin, consultez notre guide sur le modèle de contrat freelance et ses clauses essentielles.
Obligatoires ? La réponse nuancée
La réponse courte : pas toujours obligatoires, mais fortement recommandées en B2B, et obligatoires en B2C.
En B2C, la DGCCRF rappelle que la communication des CGV est obligatoire avant tout achat pour les contrats conclus avec des consommateurs. En B2B, l'article L441-1 du Code de commerce impose leur communication à tout professionnel qui en fait la demande.
B2B — Professionnel à professionnel
L'article L. 441-1 du Code de commerce impose la communication des CGV à tout professionnel qui en fait la demande. Ne pas en avoir peut constituer un refus de communication, sanctionnable. En pratique : intégrez-les systématiquement à vos devis.
B2C — Particulier
Pour tout contrat de service conclu avec un consommateur, la loi Hamon et le Code de la consommation imposent des mentions obligatoires (identité du professionnel, prix, délais, droit de rétractation). L'absence peut engager votre responsabilité.
Micro-entrepreneur sans salarié
Aucune obligation légale spécifique à ce statut, mais l'absence de CGV vous expose en cas de litige. Un simple document d'une page suffit pour la majorité des missions.
Les 8 mentions incontournables
Que vous rédigiez des CGV complètes ou une version allégée, ces 8 éléments doivent toujours figurer :
- Identification du prestataire : nom ou raison sociale, adresse, SIRET, numéro de TVA intracommunautaire si applicable. Sans cela, vos CGV ne sont pas opposables.
- Objet et champ d'application: précisez explicitement à quelles prestations s'appliquent vos CGV et qu'elles prévalent sur les CGV ou conditions d'achat du client.
- Prix et modalités de facturation : référence au devis, mode de calcul (forfait, régie), acompte exigé, devise et régime TVA.
- Délai et conditions de paiement : date d'exigibilité (ex : 30 jours date de facture), modes de règlement acceptés. En B2B, le délai légal maximum est de 60 jours (art. L. 441-10). Ces mentions doivent figurer sur vos factures avec toutes les mentions obligatoires.
- Pénalités de retard: taux applicable et indemnité forfaitaire de 40 € (obligatoire en B2B). L'absence de mention ne vous empêche pas de les réclamer, mais la mention les rend automatiques.
- Propriété intellectuelle: cession des droits conditionnée au paiement intégral. Précisez l'étendue de la cession (usage, durée, territoire).
- Limitation de responsabilité : plafonnement au montant de la mission, exclusion des dommages indirects. Clause capitale pour les développeurs et consultants. Pensez également à la RC Pro pour couvrir votre responsabilité professionnelle.
- Loi applicable et attribution de juridiction : toujours le droit français, tribunal de votre ville. Sans cette clause, le client peut vous assigner devant le tribunal de son siège.
5 clauses qui protègent vraiment
1. Pénalités de retard automatiques
En B2B, elles s'appliquent de plein droit, sans mise en demeure préalable, dès le premier jour de retard. Mentionnez-les explicitement avec le taux choisi.
Beaucoup de freelances les oublient, puis ne les réclament jamais par peur de froisser le client. Avec une clause claire, c'est le contrat qui parle, pas vous.
2. Propriété intellectuelle conditionnée au paiement
Tant que la facture n'est pas réglée, vous restez propriétaire des livrables. Cette clause est votre levier de négociation ultime en cas d'impayé : le client ne peut pas légalement utiliser ce que vous avez créé.
À combiner avec une clause de dépôt de garantie sur les acomptes. Consultez aussi notre guide sur la clause de confidentialité (NDA) pour freelance pour compléter votre protection contractuelle.
3. Limitation de responsabilité au montant de la mission
Un bug dans un site e-commerce peut théoriquement coûter des milliers d'euros de manque à gagner. Sans clause limitative, vous pouvez être tenu responsable de dommages disproportionnés par rapport à votre facture.
Cette clause plafonne votre exposition au montant HT perçu.
4. Clause de résiliation avec indemnité
Si un client annule une mission en cours sans faute de votre part, vous devez pouvoir facturer le travail réalisé et une indemnité. Sans cette clause, vous devrez négocier au cas par cas, souvent dans un rapport de force défavorable.
5. Périmètre des révisions
Définissez précisément ce qu'est une révision (correction mineure, dans le périmètre initial) par opposition à une modification substantielle (qui fait l'objet d'un nouveau devis).
Sans cette distinction, "une petite retouche" peut devenir un gouffre de temps non facturé.
4 erreurs classiques à éviter
Ces 4 erreurs sont commises par la majorité des freelances, et chacune peut coûter des centaines, voire des milliers d'euros.
- 1.Oublier la cession de propriété intellectuelle : sans clause PI explicite, le client peut considérer qu'il est propriétaire des livrables dès le paiement. Conditionnez toujours la cession au règlement intégral.
- 2.Pas de clause de pénalités : résultat, des factures payées à 90 jours au lieu de 30. Les pénalités ne sont pas une menace, elles incitent simplement le client à respecter les délais convenus.
- 3.Pas de clause de résiliation : un projet annulé à mi-parcours sans clause de résiliation débouche sur une négociation difficile. Définissez à l'avance : travail réalisé facturé au prorata + indemnité de X %.
- 4.Oublier la juridiction compétente : sans cette clause, le client peut vous assigner devant le tribunal de son siège social. Une ligne suffit : "Tout litige relève du Tribunal de commerce de [votre ville]."
✗Oublier la cession de propriété intellectuelle
Sans clause PI explicite, le client peut considérer qu'il est propriétaire des livrables dès le paiement. Précisez systématiquement : cession conditionnée au paiement intégral, étendue de la cession (usage commercial, territoire mondial, durée légale).
✗Pas de clause de pénalités
"Je préfère ne pas mettre de pénalités pour ne pas braquer le client." Résultat : des factures payées à 90 jours au lieu de 30. Les pénalités ne sont pas une menace, elles incitent simplement le client à respecter les délais convenus.
✗Pas de clause de résiliation
Un projet annulé à mi-parcours sans clause de résiliation débouche sur une négociation difficile. Définissez à l'avance : travail réalisé facturé au prorata + indemnité de résiliation de X %. Tout le monde sait à quoi s'attendre.
✗Oublier la juridiction compétente
Sans cette clause, le client peut vous assigner devant le tribunal de son siège social, potentiellement à l'autre bout de la France. Une ligne suffit : "Tout litige relève de la compétence exclusive du Tribunal de commerce de [votre ville]."
Conseil pratique
Révisez vos CGV une fois par an et après chaque litige, même mineur. Chaque situation problématique révèle un angle mort dans votre document. Vos CGV sont un outil vivant, pas un document figé.
Générez vos CGV personnalisées
Remplissez les informations ci-dessous pour obtenir un bloc de CGV prêt à intégrer dans vos devis et contrats freelance. Le document généré couvre l'ensemble des clauses présentées dans cet article.
Générateur de document
Générateur de CGV freelance
Remplissez les champs ci-dessous pour générer vos CGV personnalisées. Document indicatif — faites-le relire par un juriste pour les missions à forts enjeux.
Document indicatif — faites-le relire par un avocat pour les missions à enjeux élevés.
Où et comment intégrer ses CGV
Avoir des CGV bien rédigées ne sert à rien si elles ne sont pas opposables au client. Pour qu'elles s'appliquent, le client doit en avoir pris connaissance avant la commande.
Voici les 4 points d'intégration recommandés :
Bas de devis
EssentielAjoutez une mention explicite : "En validant ce devis, le client reconnaît avoir lu et accepté les Conditions Générales de Vente du Prestataire." Joignez les CGV en pièce jointe ou en lien.
Contrat de prestation
RecommandéSi vous utilisez un contrat séparé, faites référence aux CGV dans une clause dédiée et annexez-les. Les CGV et le contrat forment alors un ensemble contractuel cohérent.
Email de confirmation de commande
RecommandéÀ la validation du devis ou à la réception de l'acompte, renvoyez un email de confirmation incluant les CGV en pièce jointe. Cela crée une trace datée de l'acceptation.
Portail client
IdéalSi vous utilisez un portail client (comme Hublio), intégrez vos CGV dans la section documents du projet. Le client y accède à tout moment et vous disposez d'une preuve de communication.
La règle d'or : les CGV doivent être communiquées avant ou au moment de la commande, jamais après. Envoyer vos CGV avec la facture finale ne les rend pas rétroactivement opposables.
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